Salut, c’est Bastien !
Cette semaine, Schneider Electric prépare un rachat XXL, Engie nous rappelle que la mer peut aussi faire la clim et Carrefour vend des murs sans abandonner ses rayons. Au milieu : un guide pour comprendre pourquoi tu peux garder toutes tes actions… et posséder une plus petite part de l’entreprise.
Les actualités de cette semaine
ACTU n°1
SCHNEIDER ELECTRIC : la facture arrive aussi chez les actionnaires
Le 5 octobre, Schneider Electric a annoncé un accord pour racheter PTC, spécialiste des logiciels de conception et de gestion des données industrielles. Prix proposé : 205 $ par action, soit 22,6 Md$ pour l’ensemble du capital, avec une prime de 42,3 % sur le dernier cours de clôture.
Le détail à ne pas zapper : le financement envisagé combine 5 à 6 Md€ d’émission d’actions et 16 à 17 Md€ de nouvelle dette. Autrement dit, Schneider ne compte pas seulement sortir sa carte bancaire : il prévoit aussi de faire entrer de nouveaux actionnaires.
Pour toi, l’enjeu sera le résultat rapporté à chaque action, pas seulement la taille du nouveau groupe. L’acquisition peut créer de la valeur, mais une émission de titres réduit ta part du capital si tu ne participes pas.
La finalisation est attendue au troisième trimestre 2027, sous réserve notamment du vote des actionnaires de PTC et des autorisations réglementaires. L’accord est signé ; le rachat n’est pas encore finalisé.
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GUIDE PRATIQUE
Mêmes actions, plus petite part du gâteau
Une augmentation de capital ne retire pas tes actions. Elle peut en ajouter autour des tiennes. Avant de cliquer sur un avis de ton courtier, pose trois questions.
1. Combien de nouvelles actions vont être émises ?
Exemple fictif : tu détiens 10 actions sur 100, soit 10 % du capital. Si l’entreprise en crée 20 et que tu n’en souscris aucune, tu conserves tes 10 titres, mais ta part devient 10 sur 120, soit 8,33 %. C’est la dilution du capital, pas automatiquement une baisse équivalente du cours.
2. Ai-je un droit de souscription ?
Certaines opérations prévoient des DPS, les droits préférentiels de souscription : ils peuvent permettre de maintenir ta part en souscrivant, ou être vendus pendant une période limitée. Ils ne sont pas systématiques. Vérifie le document de l’opération et les échéances de ton intermédiaire ; n’applique pas une règle générale au projet Schneider.
3. À quoi servira l’argent ?
Acheter une activité, financer une croissance ou rembourser une dette ne raconte pas la même histoire. Compare l’usage annoncé, les risques et, lorsque des prévisions existent, le bénéfice attendu par action. Un groupe plus gros ne rend pas mécaniquement chaque titre plus intéressant.
En une ligne : garder le même nombre d’actions ne garantit pas de garder la même part de l’entreprise.
Source : AMF, comprendre les DPS · AMF, augmentations de capital.
ACTU n°2
ENGIE : la mer peut aussi faire la clim
Un climatiseur géant, avec des poissons autour ? L’image est absurde. Le principe, lui, existe.
Le 7 octobre, Fiona Buckley, experte des énergies marines chez Engie Laborelec, a reçu le prix Vi Maris à La Haye. Parmi ses domaines de recherche : les vagues, les marées, l’énergie osmotique… et la climatisation à l’eau de mer, appelée SWAC.
Son principe : exploiter la fraîcheur des eaux profondes pour refroidir des bâtiments. Tu ne transformes pas ton salon en aquarium ; tu utilises une ressource thermique que l’océan possède déjà.
Attention au calendrier : la nouveauté de cette semaine est le prix, pas l’invention de cette technologie, qu’Engie décrivait déjà en 2021. Et une distinction scientifique ne renseigne pas, à elle seule, sur les revenus ou les marges du groupe. La curiosité est réelle ; son poids économique reste à examiner projet par projet.
Source : Ocean Energy Europe, prix du 7 octobre 2026 · Engie, explication des énergies marines publiée en 2021.
ACTU n°3
CARREFOUR : les murs partent, les caddies restent
Le 8 octobre, Carrefour a annoncé la vente de l’immobilier de 35 magasins à une coentreprise Atrato–GIC : 32 en France et 3 en Espagne. Valeur nette vendeur annoncée : environ 290 M€.
Non, ce n’est pas une annonce de fermeture. Carrefour continuera d’exploiter ces magasins sans interruption, mais en louant désormais leurs murs. Les baux ont une durée initiale de 12 ans, dont 10 ans fermes. C’est une cession-bail : vendre le bâtiment, puis rester dedans comme locataire.
Pour l’actionnaire, le compromis mérite mieux qu’un simple « bonne nouvelle » : le groupe transforme de l’immobilier en trésorerie, avec des engagements locatifs en contrepartie. Carrefour annonce une plus-value significative, mais pas d’impact matériel sur son résultat opérationnel courant.
Les loyers ne sont pas chiffrés dans le communiqué. Impossible, avec cette seule annonce, de calculer le gain économique net de l’opération.
Conseil de fin : avant d’applaudir une opération, demande-toi ce qui change pour chaque action, ce que l’entreprise conserve et ce qu’elle devra payer demain. Le montant du chèque n’est pas toute l’histoire. Aucun conseil personnalisé en investissement.
Psst… Tu fais partie d’un club actionnaire, ou tu connais bien celui d’une entreprise ? Viens lui attribuer une note sur Clubs Actionnaires : ton avis peut aider les prochains actionnaires à faire leur choix. ⬆️
